• 20 mars 2012

    IPv6 : Il est temps de se préparer au changement de protocole IP

    IPV6 : pourquoi ?

    Il ne reste aujourd’hui plus que 100 millions d’adresses IP dans le monde. Leur pénurie est imminente. Le passage au nouveau protocole IPv6 (Internet Protocol version 6) est donc urgent.

    Oxalide fait partie des 8,3% des hébergeurs européens ayant obtenus les 4* décernées par le RIPE dans la «course» à l’IPv6.

    Stats_IPV6_072010

    Statistiques IPV6

    Retrouvez toutes les statistiques sur le site du RIPE

    En ce début 2011, Oxalide vous propose une courte synthèse pour mieux comprendre les grands principes d’IPv6 et l’impact sur vos choix technologiques.

    4,3 milliards d’adresses IP ont été mises en service dans le monde et distribuées très généreusement. Elles sont désormais des denrées rares (actuellement il n’en reste que 100 millions), avec un risque de pénurie imminent. Dans le même temps, la multiplication des périphériques connectés sur l’Internet (Téléphone, PDA, voiture, domotique, …etc.) fait exploser la demande d’adresses IP.

    C’est pourquoi le passage au nouveau protocole IPv6 (Internet Protocol version 6) est désormais urgent et que la Commission Européenne a lancé un plan visant à stimuler la mise en conformité des différents éléments de l’infrastructure.

    Le principe d’IPv6 est simple : rappelez-vous le passage du numéro de téléphone de 8 à 10 chiffres. C’est exactement ce que fait IPv6 par rapport à IPv4, le protocole actuel. En passant de 4 à 16 octets, on arrive donc à un adressage quasiment infini : les possibilités se comptent en sextilions. De quoi voir venir un certain temps, même en connectant à Internet tous les équipements de toutes les maisons de la planète.

    Du point de vue de l’architecture, le protocole IPv6 doit être déployé sur l’ensemble de la chaîne: du fournisseur de contenu (Facebook, Dailymotion, Google) à votre ordinateur personnel en passant par les «backbones» (level3, cogent, OpenTransit, …etc), puis votre fournisseur de connexion internet (Wanadoo, Free, Neuf). Une telle migration prendra évidemment du temps mais les offres commencent à se développer…

    Quel impact aujourd’hui sur vos choix technologiques?

    Premiers touchés par cette évolution : les services publics et leurs fournisseurs. La Commission Européenne compte sur l’exemplarité de ces acteurs pour accélérer la mise en place d’IPv6 et rattraper ainsi son retard sur ses homologues asiatiques. La compatibilité IPv6 pourrait ainsi devenir un critère rédhibitoire pour les marchés publics. Plus généralement, cette tendance étant inéluctable, il est intéressant pour chaque acteur d’anticiper et de s’orienter dès à présent vers des solutions compatibles. En outre, IPv6 devrait favoriser l’apparition d’applications internet innovantes, notamment celles qui nécessitent de mettre en réseau un très grand nombre de petits appareils simples.

    Chez Oxalide, l’offre IPv6 est disponible depuis début 2009. N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus.

    Parole d’expert – Entretien avec Maxime KURKDJIAN, Directeur Associé d’Oxalide

    maxime-kurkjian

    A votre avis, existe t-il en France une initiative globale pour faire face à la limitation prochaine de l’adressage Internet (Etat, instances de réglementation, acteurs de l’Internet, industriels)?

    Il existe quelques initiatives, mais qui restent à mes yeux peu efficaces.

    Prenons l’exemple de ce qui avait été annoncé par rapport aux appels d’offre publics.

    En octobre 2008, Eric Besson – secrétaire d’Etat chargé du développement de l’économie numérique – présentait le plan de développement de l’Economie Numérique «France Numérique 2012″», dans lequel il soulignait la nécessité d’ «Introduire progressivement, à partir de 2009, la compatibilité avec IPv6, dans les marchés de l’Etat»

    Extrait du texte :

    4.6 Faire émerger une gouvernance européenne et internationale de l’Internet.Face à la pénurie annoncée des adresses Internet IPv4, une action concertée est indispensable pour déployer la technologie IPv6 (Internet Protocol version 6) qui permettra d’augmenter de manière quasi illimitée ce nombre d’adresses. Cette technologie favorisera l’apparition d’applications Internet innovantes, notamment celles qui nécessitent de mettre en réseau un très grand nombre d’appareils simples. À titre d’exemple, la gestion de l’éclairage public et des bâtiments intelligents pourrait en être améliorée, et l’Internet pourrait servir à connecter entre eux, à peu de frais et de manière fiable, des capteurs sans fil intégrés à des appareils domestiques. Le déploiement d’IPv6 est inévitable. Il a cependant pris du retard car les acteurs industriels n’en tirent pas un bénéfice immédiat. Son coût pourra être maîtrisé à condition qu’il soit progressif et planifié. Il est recommandé d’introduire IPv6 étape par étape, notamment à l’occasion de mises à jour de logiciels et d’équipements, de changements dans l’organisation et de mesures de formation (qui peuvent sembler sans rapport avec IPv6 apriori). Les coûts seront nettement plus élevés si IPv6 est déployé en tant que projet distinct et avec des contraintes de temps. Les gouvernements européens ont donc un rôle important à jouer en encourageant tous les acteurs à accélérer la migration vers IPv6 pour le bénéfice de l’ensemble de la communauté Internet. Lors d’une consultation publique de la Commission européenne en février 2006, l’utilisation des marchés publics a été retenue en tant que moyen efficace d’accélérer la transition vers IPv6. Ainsi, le gouvernement des États-Unis a-t-il imposé en 2005 à toutes les agences gouvernementales fédérales de faire migrer leurs dorsales principales vers IPv6 avant mi-2008.Action n°149 : Introduire progressivement, à partir de 2009, la compatibilité avec IPv6 dans les marchés publics de l’État.

    Force est de constater que ces recommandations n’ont pas été suivies…

    Votre société a-t-elle conçue son propre plan d’action? Si oui, que proposez-vous à votre clientèle des secteurs administratifs, industriels et commerciaux?

    Le réseau d’Oxalide a 4 étoiles IPv6, c’est-à-dire le plus haut niveau défini par le RIPE (Réseaux IP Européens). Nous n’avons cependant aucun service IPv6 en production actuellement.

    Nous avons pour objectif à court terme de proposer des services IPv6 à nos clients, notamment pour être présent sur le web en IPv6.

    Il semble exister plusieurs voies de migration de IPv4 vers IPv6.Quelle est celle que vous préconiseriez et pourquoi?

    Que l’on soit FAI, fournisseurs de contenu, Transitaires IP, Editeurs, les problématiques de migration ne sont pas du tout les mêmes.

    En ce qui concerne Oxalide, la démarche à suivre est relativement classique et simple. Le principal frein est un manque total de ROI du à l’absence de demande sur le marché, et le manque de support de la part des constructeurs de matériels et/ou éditeurs.

    En effet, cette faible mobilisation de la part des acteurs et utilisateurs du marché est due essentiellement au manque d’intérêt et à une méconnaissance des conséquences de la pénurie qui se dessine.

    Le tapage médiatique autour du bug de l’an 2000 a fait beaucoup de mal à l’annonce de pénurie des adresses IPv4 et l’urgence de passer en IPv6 qui s’en est suivie quelques années après. En effet, aujourd’hui beaucoup se disent que c’est un effet de mode supplémentaire, qu’il vaut mieux ne rien entreprendre et éviter ainsi des coûts inutiles. Le problème sera traité au moment où il sera là.

    A votre avis, quels sont les avantages pratiques qu’un client peut retenir d’un adressage en IPv6?

    Il y a beaucoup de littérature disponible à ce sujet, mais c’est une mauvaise façon de poser la question.

    Un client ne raisonne pas en IPv6 et/ou IPv4, mais en service. IPv6 nous permettra de continuer à assurer le niveau de services habituel quand il n’y aura plus d’IPv4.

    A combien estimez vous le coût par client du passage à IPv6?

    Une transition simple peut être faite à un prix très attractif (1jh).

    Migrer de IPv4 vers IPv6 ressemble à tout projet informatique, il faut donc prévoir un plan de migration au plus tôt afin d’éviter des coûts trop élevés et une migration dans l’urgence et donc souvent mal faite.

    A votre connaissance, existe-t-il des logiciels ou des applications qui doivent être adaptées pour fonctionner à la fois en IPv4 et en IPv6?

    L’ensemble des logiciels et applications doivent être adaptés pour fonctionner à la fois en IPv4 et IPv6.

    Pour quel type de service conseillerez-vous à vos clients l’utilisation d’IPv6 ?

    L’utilisation d’IPv6 est notamment recommandée pour tout ce qui concerne la mobilité et les services nomades

    A quelle échéance pensez-vous être concerné par la pénurie d’adresses IPV6 ?

    On connaîtra une pénurie d »ici fin 2011, début 2012.

     

    A votre avis, IPv6 peut-il apporter davantage de sécurité aux échanges? Sous quelles réserves?

    Oui, grâce notamment à la disparition du NAT.

    Petit lexique

    (Source Wikipedia)

    • IANA: L’Internet Assigned Numbers Authority (IANA) est une organisation dont le rôle est la gestion de l’espace d’adressage IP d’Internet, et des autres ressources partagées de numérotation requises soit par les protocoles de communication sur Internet, soit pour l’interconnexion de réseaux à Internet.
    • LIR: Un Registre Internet local (Local Internet Registry, LIR) est un organisme qui a reçu une allocation d’adresse IP d’un registre Internet régional (RIR) en vue d’assigner ces adresses à des tiers (en général, ses clients) ou pour ses besoins propres. Un LIR est généralement un fournisseur d’accès à Internet. Les LIR sont membre du RIR de leur région.
    • NAT: la NAT (Network address translation) est un mécanisme informatique permettant de faire communiquer un réseau local avec l’Internet.
    • RIPE NCC: Le RIPE NCC (Réseaux IP Européens – Network Coordination Centre) est un registre régional d’adresses IP. Il dessert l’Europe et une partie de l’Asie, notamment au Moyen-Orient.
    • RIR: Un registre Internet régional (RIR, de l’anglais Regional Internet Registry) est un organisme qui alloue les blocs d’adresses IP (adressage IPv4, IPv6) et des numéros d’Autonomous System dans sa zone géographique.

    Les membres du RIPE NCC sont appelés les Local Internet Registries (LIR), le RIPE NCC lui-même étant un des cinq Regional Internet Registries (RIR). Les LIR sont liés contractuellement au RIPE NCC par le RIPE NCC Standard agreement.

    La distribution d’adresse IP est faite en plusieurs niveaux:

    • l’IANA alloue aux RIR, dont le RIPE NCC, des blocs d’adresses IP très importants, de taille /8 (16 millions d’adresses) ou plus. Un RIR mettra 6 à 18 mois pour épuiser cette réserve;
    • le RIPE NCC alloue aux LIR des blocs de taille variable, mais au moins /21 soit 2048 adresses. Un LIR qui a des besoins réguliers importants reçoit des allocations plus grandes;
    • les LIR affectent aux utilisateurs finaux des blocs, dont la taille correspond aux besoins immédiats et concrètement anticipés.

    Il existe aujourd’hui cinq RIR. Par ordre de création, ce sont:

    • RIPE-NCC (Réseaux IP Européens) pour l’Europe et le Moyen-Orient;
    • ARIN (American Registry for Internet Numbers) pour l’Amérique du Nord;
    • APNIC (Asia Pacific Network Information Center) pour l’Asie et le Pacifique;
    • LACNIC (Latin American and Caribbean IP address Regional Registry) pour l’Amérique latine et les îles des Caraïbes;
    • AfriNIC (African Network Information Center) pour l’Afrique.

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